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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 00:05

Archiprêtre Serge Tchetverikov


How to preserve or renew a child’s faith in God

Dans un manuel américain pour les instructeurs de la jeunesse dans le domaine religieux, il m'est arrivé de lire plusieurs textes de conseils sur la façon de mener à bien cette entreprise. Je ne dirais pas que ce conseil a été satisfaisant. Ils disent: apprenez aux enfants à remarquer la présence de Dieu dans toutes les circonstances de leur vie quotidienne, tant à la maison qu'à l'école, et vous pourrez les aider à conserver leur foi. Ce n'est pas toujours le cas. Les enfants qui ont la foi, voient sans doute, la présence de Dieu dans leur vie quotidienne, mais, malheureusement, cela ne les empêche pas de perdre leur foi quand ils seront plus âgés, et ce que dans leur enfance, ils considéraient comme ayant été évidemment influencé par Dieu, dans leur adolescence leur apparaît sous un jour différent, et ils commencent à regarder la foi de leur enfance comme une illusion naïve. Les idées qui, dans l'enfance semblaient bien fondées et convaincantes, ne satisfont plus les adultes. Un jour, alors que j'avais 11 ou 12 ans, j'ai été incapable de résoudre un problème mathématique difficile. En vain, je me suis assis toute la soirée, en essayant de le résoudre. Alors que je me mettais au lit, j'ai prié Dieu de m'aider à résoudre le problème. Au cours de la nuit, j'ai vu la solution dans mes rêves, et quand je me suis levé le matin, je l'ai écrite avec joie, avec le cœur empli de gratitude envers Dieu, dont je ne doutais pas un instant qu'Il m'avait aidé. Toutefois, lorsque j'ai eu 17 ans, cette expérience d'enfance ne m'a pas empêché de me considérer comme un incroyant, et j'ai expliqué cette expérience par un effort inconscient de la part de mon cerveau détendu.

Cet exemple montre que nos conclusions d'enfance concernant la participation de Dieu dans nos vies ne garantissent en aucun cas la préservation de notre foi à l'âge adulte. En général, les jeunes gens considèrent tout avec un grand scepticisme, surtout ce qui ne leur est pas présenté par les personnes plus âgées comme une vérité incontestable et concrète.

Ils disent: lisez la Bible aux enfants, la Bible leur apprendra à connaître Dieu.

Sans doute la parole de Dieu, entendue dans l'enfance, laisse sa trace dans l'âme et porte du fruit en son temps. Toutefois, dans ce cas aussi, ce n'est pas la validité des vérités bibliques qui est significative pour l'esprit, mais une transformation plus profonde du cœur qui se produit sous l'influence de la Parole de Dieu. Si la Bible reste seulement dans l'esprit et dans la mémoire, elle n'aidera pas à préserver la foi d'un enfant.

Les histoires de la Bible, qui sont entendues et acceptées avec une confiance totale dans l'enfance, dans les années adolescentes, en particulier sous l'influence de la critique scientifique négative et des croyances qui prévalent dans la société, évoquent l'incrédulité et le déni. Il faut avoir une foi profonde et inébranlable dans la Bible comme Parole authentique de Dieu, afin de ne pas perdre une attitude pieuse envers elle, et même des théologiens de métier, comme nous le savons, sont souvent dépourvus d'une telle foi.

La même chose peut être dite sur la lecture des vies des saints. Les vies des saints peuvent bien entendu nous encourager par leur exemple d'effort chrétien, mais nous devons considérer ces saints, non seulement comme des héros de l'ancien temps et de circonstances exceptionnelles, mais comme nos compagnons éternels, nos instructeurs et nos aides, comme des membres vivants de l'Église, avec lesquels nous pouvons être constamment en contact et à qui on peut faire appel avec des prières pour qu'ils nous aident. En d'autres termes, le souvenir des saints nous donne une aide réelle seulement lorsque nous vivons une vie chrétienne remplie, quand nous vivons au sein de l'Église dans une unité indivisible avec les saints, quand les saints sont plus que des figures historiques du passé pour nous.

Toutes ces méthodes susmentionnées d'influencer les jeunes, souffrent de la même lacune fondamentale - elles restent en surface, elles font appel principalement à la raison et ne s'appliquent pas elles-mêmes à l'état intérieur de l'âme d'un enfant, qui a déjà commencé à se détériorer sous l'influence du péché.

Afin d'offrir une aide réelle et efficace à la vie religieuse, il est impératif d'analyser ce processus spirituel interne qui a lieu dans l'âme jeune et qui conduit à l'abandon religieux. Ce n'est que par la compréhension de ce processus dans chaque cas individuel que la solution peut être trouvée.

L'aspect le plus important de ce processus est l'élaboration d'un état d'esprit de péché, enfermé sur lui-même. C'est ce contre quoi on doit lutter, et on ne doit pas faire seulement appel à l'esprit avec des arguments d'ordre général.

Tant la perte de la foi que le retour à elle ne se produit jamais par un processus calme, théorique, exclusivement raisonnable. La perte de la foi et le retour à la foi constituent généralement un drame intérieur lourd, extrêmement douloureux, conduisant parfois au désespoir, à un désir de mort, et ce drame dure parfois pendant de nombreuses années.

Il est impossible de guérir l'état intérieur seulement par des paroles et des instructions pieuses ou de savantes leçons.

Contre le douloureux processus de désintégration interne, on doit mettre en place un autre processus créatif d'amélioration intérieure en ayant l'âme influencée par une force créatrice saine, et positive.

La préoccupation la plus importante dans l'éducation religieuse est de s'assurer que non seulement dans la conscience d'un enfant, et non seulement dans sa mémoire et les habitudes, mais au plus profond de son âme un contact avec Dieu est préservé. Ce contact intime avec Dieu doit être le rempart contre lequel toutes les tentations de la sensualité et de l'orgueilleuse désillusion vont se briser.

L'enfant peut être aidé dans cette affaire tout d'abord par un environnement favorable de foi religieuse active et d'amour de Dieu. Comme un cierge est allumé à un cierge enflammé, ainsi dans une âme d'enfant, la flamme de la foi et de l'amour est allumée, non par des préceptes et des règles, mais par l'esprit de foi et d'amour qui l'environnent.

D'une signification primordiale et très importante dans la vie religieuse des enfants est, bien sûr, la famille. Mais cette famille doit être, selon les paroles de l'Apôtre Paul, une petite église domestique, c'est-à-dire que non seulement elle doit être officiellement comptée comme une unité orthodoxe, qu'elle ne se limitera pas seulement à une observation extérieure des règles de l'Église, mais elle manifestera que le Seigneur Jésus-Christ est le point central de sa vie.

Ce n'est que sous cette condition que l'atmosphère de la maison orthodoxe et que le tout le mode de vie familialpénétreront profondément dans l'âme de l'enfant.

Puis, le prière d'une mère ou d'un père, une icône ou une croix au-dessus du berceau et du lit, la participation à la Sainte Communion, l'aspersion d'eau bénite, la lampadeallumés devant une icône, tout ne sera pas seulement une manifestation extérieure vide, mais plutôt l'expression d'une véritable esprit religieux de la famille, et en tant que telle, elle ne suscitera pas des contradictions et des doutes dans l'âme de l'enfant.

En présence de la pleine unité entre l'esprit et la forme de vie religieuse de la famille, comme une éponge absorbe l'eau, ainsi l'âme de l'enfant, s'imprègnera-t-elle des impressions de la manière de vivre d'une famille orthodoxe.

Les traditions religieuses de la famille, la célébration de Noël, de la Théophanie ou de Pâques, la Pentecôte ou le Grand Carême, tout cela ne disparaît pas sans laisser de traces dans la vie religieuse de l'enfant. De tout cela, cette âme amasse une réserve d'impressions saintes, d'expériences joyeuses et pures, qui sont le fondement de sa future vie religieuse consciente. Dans les années à venir, pendant les périodes de danger, les crises internes, ces impressions, cette expérience religieuse enfantine remontera à la surface de l'âme et deviendra la source du salut et du renouvellement.

L'effet bénéfique d'une famille orthodoxe religieuse est incommensurable, insensiblement, organiquement, légèrement et librement, elle pose dans l'âme de l'enfant les bases d'une vie religieuse saine.

Le second environnement encore plus nécessaire à un développement religieux correct, qui comprend la famille orthodoxe elle-même, est l'Église orthodoxe, dont le point central est le Seigneur Jésus-Christ. L'âme de l'enfant orthodoxe doivent être renforcée par la prise de conscience que non seulement il fait partie d'une famille orthodoxe, mais d'une partie de l'Église orthodoxe, avec laquelle il est organiquement et éternellement uni, et qui est son nourricier spirituel et son éducateur.

Un tel sentiment s'élève facilement dans l'âme de l'enfant si son entourage familial vit avec ce sentiment. Le sentiment d'appartenance à l'Église est plus important que le sentiment d'appartenance à la famille. La famille peut être détruite, mais l'Église jamais! Celui qui est conscient d'être un membre de l'Église ne pourra jamais se sentir seul dans le monde: il sera toujours dans les mains puissantes de Dieu. Il sentira toujours une base indestructible sous ses pieds. Il vivra toujours en communion constante avec le Christ, avec les saints et avec les âmes des défunts.

Le renforcement d'une telle réalisation dans l'enfant est une tâche très importante de l'éducation religieuse.

Version française Claude Lopez-Ginisty  d'après

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