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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 01:28

 

Mgr Jean 14


L'APPEL DE L'ÉGLISE

 

Saint Jean de Saint Denis

1960

 

A l'approche de la mi-Carême, l'Église appelle à la vraie guerre :la guerre spirituelle. Certes, il existe des guerre entre les peuples, des difficultés familiales, des disputes entre proches, si ces formes de guerres extérieures sévissent, chassant la paix du monde, la cause en est très simple : c'est parce qu'on n'entreprend pas la guerre essentielle. Celui qui lutte contre le démon, apporte la paix ; celui qui chôme ce combat et le déserte qui est nonchalant, non engagé dans la lutte spirituelle à l'intérieur de lui-même, qui oublie cette bataille entre le Christ et Satan, provoque inévitablement, - même s'il est pacifique, très mou, vivant en je-m'enfichiste dans son petit coin - le bouleversement extérieur qui se lève parmi les peuples, les familles, les milieux. Celui-là suscite les jalousies. Pourquoi ? Il excite même la lutte entre deux âmes, deux opinions qui s'affrontent sans parvenir à la victoire. Pourquoi ? Parce que nous ne réalisons pas l'essentiel, et cela se reflète implacablement à l'extérieur. Tandis que l'homme se battant, avec le Christ, contre le diable, ne peut être jaloux ou haïr un autre. Il n'en a pas le temps ! Si, nous avons réellement commencé, avec le Christ, la guerre spirituelle en nous, les images, les grimaces, les caricatures que sont les guerres extérieures, n'auront plus de forces.

N'imaginez surtout pas que les guerres sont engagées par les peuples, les familles, par nos consciences, ou par des personnalités qui désirent uniquement accaparer et tuer. Elles le sont souvent par des êtres pacifiques, désireux de se reposer le dimanche ou par ceux qui cherchent l'argent en vue de leur plaisir, et même par ceux qui aiment sincèrement la paix ... mais à leur manière !

La paix véritable est le fruit d'une bataille perpétuelle en Christ, contre le mal qui habite en nous-mêmes.

L'évangile d'aujourd'hui est, si l'on peut dire, celui d'un maréchal, d'un général, c'est celui du Chef, notre Seigneur ; il nous montre le plan d'attaque et le plan de la victoire.

Voici, il guérit un muet. Les adversaires, les incrédules, les gens qui l'entourent affirment : «C'est par Béelzébul qu'Il chasse les démons», cependant que d'autres acclament le miracle.

Le Verbe pré-éternel, le Créateur qui a fait toutes choses, le Sauveur du monde, le Fils de Dieu réalise un miracle par la puissance de l'Esprit-Saint, tout est admirable, tout est pur, tout est divin... et on l'accuse d'être serviteur du diable ! Qu'est-ce à dire ? On ne fait que renverser les valeurs, mais comment l'exprimer ? on accuse le Christ, le Verbe incarné de quelque chose d'ignoble, d'impensable...

Sous le fouet d'une méchanceté, d'une action injuste, on s'agite, on s'indigne. Dites par exemple à quelqu'un qu'il est criminel il souffrira, il éprouvera une réaction vive. Ici, qu'arrive-t-il ? L'homme atteint l'extrême de l'ignominie, il soupçonne le Christ d'être serviteur du diable : impossible d'aller plus loin dans la calomnie, dans la folie, dans le non-sens ! Que fait le Christ ? Il répond tranquillement : «Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté... si donc Satan est divisé contre lui-même, comment son royaume subsiste-t-il, puisque vous dites que je chasse les démons par Béelzébul !»

Un soldat désireux d'entrer, avec le Christ, pour le Christ, dans la guerre intérieure contre le mal, se doit d'être bien armé avant tout et bien défendu, d'avoir un casque sur la tête, d'endosser un habillement tel qu'il ne pourra être percé par le feu des mitraillettes ou autres instruments meurtrier... Comment être défendu ?

Par une prompte acquisition de l'indifférence et de la tranquillité sous l'offense, car si une simple offense vous trouble, si une fausseté ou une injustice du dehors vous blesse, votre capacité de combattre est perdue, la blessure est déjà dans votre chair, vous êtes la proie de l'adversaire. Même si l'attaque n'est nullement personnelle mais touche à ce qui est sacré pour vous; mettons un blasphème de la Vierge ou du Christ, de votre religion ou de votre idéal, ou de votre mère, et que vous êtes indigné, vous n'êtes plus un soldat.

Première attitude : gardez cette impassibilité, puis, par des paroles exactes, tranquilles, lancez votre flèche contre l'adversaire, comme le Christ aurait pu le faire. Imaginons un instant disant : «Moi le Verbe, Moi, Dieu, Moi, Votre Sauveur, Je ne Suis qu'un petit serviteur de Satan !… Considérez cela dans le contexte humain: acceptez d'être un criminel, acceptez que votre religion ne vaille rien, etc. Mais que dit ensuite le Christ ? «Si Je Suis le serviteur de Satan et que j'expulse Satan, alors ce royaume est divisé». Quel est le processus spirituel ? «J'écoute, j'écoute toute votre calomnie contre Moi, mais prenez garde, attention, vous vous trompez !

Me comprenez-vous ? Qu'est-ce qui advient ?

Ces personnes qui, face au Christ, ont forgé sous l'inspiration diabolique la plus grande calomnie, la plus grande offense, car offenser dans l'essentiel le Sauveur Jésus est pire que de le crucifier, face à ce Jésus qui accepte, Lui, la blessure, ou plutôt ce "plus qu'une blessure" : que leur arrive-t-il ? Ils voient l'Adversaire confondu, blessé, l'Adversaire est à terre, et non pas leur frère, celui qu'ils ont calomnié. Si, à l'opposé, nous sommes, nous, blessés et témoignons par une réaction profonde, c'est nous qui serons à terre, nous qui serons meurtris. Tel est la première démarche, disons : la préparation militaire, avec le Christ.

Jésus continue : «Mais si c'est par le doigt de Dieu que Je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc jusqu'à vous !» Après la tranquillité devant les offenses et calomnies, la première chose indiquée par le Christ est la confession de la puissance divine. Puis, Il continue pour fortifier les pensées : Si celui qui lutte est plus fort que l'adversaire, bien entendu il sera victorieux; mais qui est ce "plus fort" ? C'est Lui, le Christ. Et qui est le plus faible ? C'est Satan ! Deuxième partie de l'attaque contre Satan : sans le Christ, nous sommes faibles, avec Lui, nous sommes les plus forts. Le Christ a déjà gagné ! Il nous faut continuer cette lutte, considérant toujours que Sa force est supérieure à celle de l'adversaire.

Je veux que chaque âme se pénètre de cette sainte pensée et la retienne.

Voulez-vous la propagation de la paix dans le monde ? Voulez-vous être bienheureux avec votre prochain? Voulez-vous être bienheureux dans votre âme ? N'abandonnez jamais le combat perpétuel en Christ, contre le démon. Que ce combat vous accompagne jusqu'au dernier souffle. Il vous communiquera non seulement cette attitude de paix, mais aussi la puissance joyeuse.

Ainsi est le temps de Carême. J'irai jusqu'à dire : aimez la lutte plutôt que la victoire. Laissez la victoire au Christ, laissez-le être honoré, comme le Chef de notre armée. Aimez surtout être soldat.

Très étrange, mes amis : l'homme qui prend à chaque moment goût au combat intérieur contre le mal, possède la paix ; l'homme qui cherche la paix, son âme se déchire et s'emplit d'angoisse.

Comme dit Jérémie : «Paix, paix, disent-ils, et il n'y a point de paix !» (Jérémie 6, 14). Les guerres extérieures arrivent avec la paix extérieure. Car il existe une loi : ce que nous ne faisons pas consciemment et librement en nous-mêmes, se passe au dehors, contre notre volonté. Amen !

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