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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 14:13

Homélies de Monseigneur Jean 

         Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. 

         Étrange, émouvant mélange que cette fête ! D’une part, «Hosanna au plus haut des cieux», la joie des enfants, l'acclamation de cette foule pour Celui qui ressuscita Lazare, montrant la force de la vie sur la mort, l'entrée triomphale de ce Roi pacifique à Jérusalem et dans le monde et, d'autre part, les chants : «Sur le mont des Oliviers, Jésus pria son Père...», «Les étendards du Roi s'avancent, la Croix dans son mystère brille, la Vie y meurt dans les souffrances, et par sa mort produit la vie...», nous font déjà prévoir la montée de la haine. 

         De même, dans l'évangile, les cris de bénédiction de Jérusalem sont suivis des paroles du Christ sur la lumière et les ténèbres : «Marche dans la lumière, car bientôt viendront les ténèbres». 

         Le double visage de cette fête - vie nouvelle et victoire, et premier pas dans le mystère de la Passion pour atteindre enfin, au travers de la mort, la Résurrection - m'oblige à développer devant vous un sujet qui vous semblera peut-être inattendu en cette solennité des Rameaux, je veux parler de l'obéissance qui nous libère de l'état de déterminisme de notre vie. Écoutez-moi bien. 

         Le Christ a réalisé sur terre son œuvre de salut. L'a-t-il fait de Son propre chef ? Non, Il le déclare Lui-même : «Je n'agis pas de Moi-même, mais selon ce que J'ai reçu de mon Père». De plus, le récit évangélique ajoute que, monté sur un ânon, Il est entré à Jérusalem, en acceptant la mort afin que les Écritures s’accomplissent. Et, plus tard, les apôtres comprendront que son entrée dans la ville de David, monté sur le petit de celle qui porte le joug, ne fait que confirmer la prophétie de Zacharie. Si nous regardons attentivement l'œuvre du Christ, tout est réalisation de ce qui était prévu et obéissance à ce qui était annoncé. Obéissance au Père comme Fils de Dieu, obéissance au monde comme Fils de l'homme, car Il réunit et manifeste tout ce qui fut acquis et prophétisé par l'antiquité. 

         Celui qui sait obéir dans le déroulement de sa vie, se dégage de la pesanteur du destin ; celui qui se révolte contre cette pesanteur, renforce les liens de son destin intérieur. Ne confondons pas liberté et révolte ! La liberté vient vers nous par la porte de l’obéissance, l'enchaînement de notre liberté entre par la porte de la révolte. C'est par la porte de l'obéissance que nous sommes entrés aujourd'hui à l'Église, c’est aujourd'hui que chacun de nous doit obéir à Dieu en acceptant sa destinée. Ceci ne veut pas dire qu’il soit toujours facile d'y parvenir ! «Que cette coupe passe», dit le Seigneur, et saint Matthieu nous raconte qu’Il était troublé intérieurement mais qu'il était venu «pour cela». Chaque créature vient ici-bas remplir son destin ; cependant, son obéissance n'est point passive car, toute proportion gardée, elle suivra la même route que son Divin Modèle dont la dernière manifestation d’obéissance est d'avoir vaincu la mort et mené à la Résurrection. Obéir à son destin, c'est être semblable à un bon nageur : il fait les gestes nécessaires en se conformant aux vagues et celles-ci le portent ; la révolte, le murmure imitent le mauvais nageur qui voudrait s'opposer aux flots : le résultat est rapide, il se noie. On pourrait encore comparer l'obéissance à un cavalier ne faisant qu'un avec sa monture, et la révolte à celui qui s’agrippe à son cheval et finit par l'affoler ou par perdre la direction. 

         C'est pourquoi je vous appelle à réfléchir sur cette obéissance de notre Sauveur qui nous ouvre la victoire et la joie pascales, c'est pourquoi je vous demande aussi de vous donner de plus en plus et autant que vous le pourrez à la Semaine Sainte et à ses services. 

         Un dernier mot et je vous quitte : Lorsque le Christ vit les Grecs, c'est-à-dire les peuples non juifs s'approcher de Lui, Il s'écria : «Je suis glorifié», car en eux Il voyait l'humanité venant vers Lui pour ne faire qu’un seul corps avec Lui. Il dit encore : «Père, glorifie-Moi», et le Père répondit : «Je T'ai glorifié et Je Te glorifierai encore». 

         Que fait la foule ? Les uns crurent entendre le tonnerre, un phénomène cosmique, les autres que c'était la voix des anges, bien peu discernèrent la Voix Divine. 

         Le Christ savait que tous ne reconnaîtraient pas la voix de Dieu, et pourtant Il a demandé au Père de Le glorifier par sa parole. Il nous indique par cela qu'il existe trois catégories d'êtres : ceux qui ont besoin des événements extérieurs pour entendre la Parole, les seconds, plus élevés, qui La saisissent par la voix des anges et des saints, les troisièmes, enfin, qui dialoguent avec Elle. 

         Ne jugez pas vos frères inférieurs, ne vous inquiétez pas si vous êtes vous-mêmes inférieurs, car tous trois : les enseignés par la nature, le rythme cosmique et les accents des lois de l'univers, les disciples des angéliques, les spirituels penchés sur la conscience, et ceux qui sont entrés en union avec Dieu, tous trois reçoivent le Verbe. Et cela nous ramène à cette obéissance grâce à laquelle nous dépassons, en le réalisant, notre destin et acquerrons la liberté. 

         Dieu vous invite Lui-même. Que l’esprit qui veut marcher dans la lumière, écoute ces trois paroles, ou plutôt cette Unique Parole, répandue sous trois formes, accessibles selon les capacités de chacun.  

Amen !

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Published by Eglise Orthodoxe : Cathedrale Saint Irenee - dans Homélies

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