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21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 00:08

 

Le jeûne de Noël dans la tradition de l'Eglise

La deuxième longue période de jeûne après le Grand Carême est le jeûne de Noël. Il dure aussi quarante jours, mais n’a pas le même caractère d’austérité que le jeûne d'avant Pâques. Il commence le 15 Novembre et se termine le 24 Décembre.

La célébration de la naissance dans la chair de notre Seigneur Jésus-Christ est la deuxième fête majeure des chrétiens.

Histoire

C’est vers le milieu du quatrième siècle qu’elle a été instituée dans les Églises d'Orient... On y célébrait jusque là le même jour  –   le 6 janvier –   la naissance et le baptême du Christ. Ce n’est que vers la fin du IV° s. qu’on a introduit, en provenance d’Occident, la fête de Noël le 25 décembre.

Originellement donc les fêtes de la nativité, de la circoncision et du baptême du Christ étaient célébrées ensemble. Désormais la Nativité se fête séparément le 25 décembre tandis que l’on a conservé la simultanéité de la circoncision et du baptême le 6 janvier.

La grande importance qu’ a prise cette nouvelle célébration de la Nativité, mise à part, chez les fidèles comme chez les moines, a eu pour conséquence que l’on a institué également pour cette fête un jeûne important selon le modèle du Grand Carême précédant Pâques.

Ce jeûne préparant à la célébration de l’anniversaire du Christ s’est d’abord appelé "jeûne de St Martin" en Occident, vu sa proximité avec la fête du Saint Apôtre des Gaules tandis qu’en Orient on l’a souvent appelé "jeûne de St Philippe" puisqu’il commençait après la célébration de la fête du Saint Apôtre également.

C’est au V°s que nous trouvons des traces de ce jeûne avant Noël en Occident et au VI°s. en Orient. Des auteurs comme Anastase du Sinaï, le patriarche de Constantinople Nikiforos le Confesseur, saint Théodore le Studite, ainsi que le patriarche d'Antioche Théodore Balsamon le mentionnent dans leurs écrits.

Le jeûne au début, semble-t-il, était de courte durée. Théodore Balsamon, auteur du XIIe siècle nous apprend qu’il ne durait que sept jours à son époque – puisqu’il l’appelle le « jeûne des sept jours ». Mais sous l'influence du jeûne du Grand Carême de Pâques, il a été étendu à quarante jours, sans toutefois avoir la rigueur de celui-là.

En quoi consiste le jeûne 

Pendant quarante jours, on s’abstient de toute viande, produits laitiers et œufs. En revanche on peut manger du poisson tous les jours – sauf bien sûr le mercredi et le vendredi et ceci jusqu’au 17 décembre. On peut aussi manger du poisson le jour de la fête de la Sainte Mère de Dieu quel que soit le jour. Du 18 au 24 décembre, la veille de la fête, vin et huile sont permis sauf le mercredi et le vendredi. L’abstinence de viande ne concerne pas le 15 novembre et la veille de la fête à moins que cela ne tombe un samedi un dimanche où il faut s’abstenir de tout péché .

« Nous devons non seulement respecter les consignes du jeûne concernant l’alimentation mais également nous abstenir de tout péché, de sorte qu’au jeûne du ventre nous devons ajouter celui de la parole en évitant le mensonge, les polémiques, les moqueries, la colère et tout péché que nous pourrions commettre avec la parole.

Nous devons également pratiquer le jeûne du regard et nous abstenir de regarder des choses vaines.

En fait c’est de tout notre être, quels qu’en soient les mouvements et expressions, que nous devrions jeûner et nous abstenir de tout mal, par tous nos sens, par un saint jeûne agréable à Dieu pour devenir dignes de communier aux saints mystères. »

« Le jeûne de l'Eglise » par l'Archimandrite Siméon Koutchma, article de Dorothée Gazis

Conseils supplémentaires

La veille de Noël, on ne mange que le soir, et on prend seulement des céréales et des fruits. Le jour de Noël, quel qu’il soit, on rompt l’abstinence et le jeûne après la célébration.

Le renoncement concerne également les envies et les pensées, les paroles vaines, les formes de dépendance (télévision, ordinateur, Internet, etc.), la sexualité... Dans un monde de surconsommation, le jeûne n’est pas seulement alimentaire !

Le jeûne uni à la prière et à l’écoute de la Parole (lisons surtout le prophète Isaïe, lisons également en famille le saint Évangile !) est, non une frustration, mais le renoncement libre selon l’Esprit. Le chrétien acquiert ainsi la pureté de l’âme et du corps, et la disponibilité spirituelle en vue de l’illumination

Pendant cette période, nous pouvons lire davantage la Parole de Dieu (par exemple le prophète Isaïe). Nous pouvons prier davantage. Nous pouvons nous confesser plus souvent.

Nous pouvons nous exercer à être miséricordieux (à l’image du Bon Samaritain, de saint Martin et de saint Nicolas) envers notre prochain et avec toutes les créatures.

Nous préparons ainsi le grand mystère de Noël : Dieu devenu un être humain parmi d’autres, assumant tout ce qui est humain, et habitant parmi les humains pour changer son monde de l’intérieur et le sauver. La générosité divine et l’aumône, caractéristiques de l’Avent, seront enseignées aux enfants ; elles contribuent à la transfiguration de la société civile.

La vigilance

Mais, l’abstinence corporelle ne suffit pas : plus important encore est le jeûne des pensées vaines et des paroles faciles ; l’enjeu de ce temps est l’acquisition de la générosité divine.

Moins axé que le carême pascal sur le repentir, celui de Noël a pour thème principal la veille, dans l’attente de la lumière qui resplendira dans les ténèbres croissantes. Pendant cette période, nous pouvons lire davantage la Parole de Dieu, prier davantage, nous confesser et communier plus souvent.

Nous pouvons nous exercer à être miséricordieux avec notre entourage humain et avec toutes les créatures. Se prépare ainsi le grand mystère : Dieu devenu un être humain parmi d’autres, assumant tout ce qui est humain, et habitant parmi les humains pour changer son monde de l’intérieur et le sauver.

La Parole

Le carême de Noël a comme esprit fondamental l’accueil de la Parole. Celle-ci – le Christ Dieu, le Fils unique et Verbe de Dieu – invisiblement présente dans son monde pendant la gestation de Marie, se manifeste clairement en paroles et en actes. C’est pourquoi l’ensemble de ce temps pourrait être consacré à redécouvrir la sainte Écriture, notamment les prophètes, par exemple Isaïe.

A méditer

Nous ne pouvons pas être sûrs qu’il y aura d’autres carêmes de Noël. Tentons de vivre celui-ci comme le dernier et l’unique. Quarante jours nous sont offerts généreusement comme un temps de renouvellement et de progrès de notre vie dans le Christ.

Anticipons cette belle carrière qui commence le 11 avec saint Martin ou le 14 au soir avec le saint apôtre Philippe et saint Grégoire de Thessalonique. Comme pour le grand Carême, celui de Pâques, trouvons un pré carême, notamment dans les lectures évangéliques que nous donne le lectionnaire de l’Église.

L’évangile selon saint Luc est le seul des quatre synoptiques à rapporter la parabole de Lazare et du mauvais Riche, lue précisément un des dimanches qui précède l’Avent. Nous trouvons dans cette histoire juive des pistes pour, nos enfants et nous-mêmes, parcourir avec fruit le temps de préparation à Noël.

Le premier conseil qui nous est donné est de regarder les pauvres, de les considérer comme des personnes à part entière. Qu’est-ce que considérer quelqu’un comme une « personne » ? – c’est voir en lui le Christ présent par le saint Esprit. Le statut de personne vient du sceau de l’image de Dieu en l’homme. Sans cela, il n’est qu’un individu parmi d’autres, ou une personnalité. Regardons les pauvres dans les yeux, asseyons- nous pour parler avec eux, demandons-leur leur prénom, intéressons-nous à leur histoire. A défaut d’argent et d’autres solutions matérielles, offrons-leur un moment d’humanité.

Un deuxième conseil se trouve dans cet évangile : lire la Bible ! « Ils ont Moïse et les prophètes : qu’ils les écoutent », dit Abraham – probablement à notre intention… Lisons la Parole à la maison, seul, avec nos enfants, en couple. Lisons-la en écoutant ce que le Seigneur nous dit.

Que lire ? Toute la Bible ? C’est peut-être beaucoup, même en 40 jours… Certains reliront, ou liront le saint Évangile ; d’autres, les psaumes ; d’autres la passionnante Genèse ; d’autres encore choisiront un prophète, par exemple Isaïe, parce que c’est lui qui a dit « voici : la vierge enfantera et donnera un fils ! » (Is. 7, 14).

Une maman enceinte lira la Bible à son petit, parce que l’embryon entend tout, mémorise, assimile à sa façon la belle parole du Seigneur portée par la voix maternelle, ou paternelle. Parents, lisez la Parole à vos enfants, pendant la grossesse et dès la naissance : celle-ci constituera leur culture de base pour toute la vie. Ils seront immergés en elle et elle s’immergera en eux !

La troisième proposition divine que nous entendons dans la parabole de Lazare consiste à se réjouir pour les saints, pour les justes, et avec eux. Faisons ce que ne fit pas le mauvais Riche : s’il s’était réjoui du bonheur de Lazare au Paradis, il serait sorti immédiatement de l’enfer où l’ont plongé son égoïsme et son orgueil. Se réjouir pour le bonheur des saints, et en général pour la joie des autres, est le remède à la mauvaise tristesse, cette tristesse psychique qui vient de la frustration. Nous pouvons prier ainsi : « Gloire à toi pour tes saints, Seigneur Jésus, gloire à toi ! » ; « gloire à toi pour ta Mère très pure… » ; « … pour ton saint et juste serviteur Lazare ! ». Nous pouvons également nous réjouir avec les saints en partageant leur joie quand nous leur rendons hommage, quand nous saluons leur joie :

« Réjouis-toi, Vierge Mère de Dieu, réjouis-toi ! » ; « réjouis-toi, saint Père et pontife Nicolas, réjouis-toi ! »

En vivant en profondeur cette belle période du carême de la Nativité nous apportons au monde une lumière, une bienveillance, une qualité de vie et d’humanité qu’il n’a pas et qui rayonneront de notre personne et de notre foyer sur notre entourage.

 

Et aussi

Attention jeûne ne veut pas dire privation !

Il s’agit d’une direction à prendre et à reprendre et le jeûne, la prière et le partage nous aident à incarner toujours plus notre vie dans le moment présent , c’est à dire en Christ , qui est le Présent éternel dans le temps.( avant qu’Abraham fut , Je Suis !)

Il s’agit d’une préparation spirituelle , pour un combat qui est celui de la vie en plénitude promise par notre Seigneur :
« Je suis venu pour qu’ils aient la vie en surabondance ! »

Il s’agit de nourrir davantage l’esprit en nous par la présence vigilante au Seigneur qui nous accompagne à chaque instant et de « consacrer » du temps à notre relation avec Lui.

Rappel :
– le jeûne chrétien consiste à n’avoir qu’un seul repas important dans la journée, le repas du soir, que l’on prend seulement après l’office de vêpres.
– l’abstinence consiste à s’abstenir de consommer certaines catégories d’aliments.
 
Compte tenu de nos modes de vie actuels (travail, déplacements, coutumes générales etc.), il est difficile de pratiquer le jeûne. Nous adapterons notre pratique en simplifiant un repas sur deux par jour (celui du soir par exemple) en ne consommant qu’un seul plat.
 
Pour l’abstinence : on supprimera de notre alimentation tous les produits d’origine animale (y compris les corps gras et les laitages) et le vin pendant les jours ordinaires de la semaine.
 
Il n'y a aucun jeûne pour les malades, les femmes enceintes, les enfants et pour ceux qui sont en voyage.

Ceci étant posé rappelons que le jeûne du carême ou de Noël a pour but la purification intérieure et non seulement extérieure ; il est nécessaire que le jeûne alimentaire s’accompagne aussi d’un jeûne plus spirituel comme la diminution du bavardage, l’accroissement de la vigilance et de l’attention aux autres, l’augmentation du temps de lectio divina et de la prière.
 
A chacun de trouver ses passions les plus importantes et mortifères pour sa vie spirituelle et de les remplacer par une ascèse adéquate afin d’éveiller et de faire croitre en nous le désir de Dieu.
 

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