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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 00:58
Introduction au Carême

Le Carême est la grande période de pénitence, le printemps de notre âme, le renouveau de notre vie. 

La pénitence est totalement opposée au sentiment de scrupule, au complexe de culpabilité, à l’autocritique mélangée d’autodéfense qui trouble notre sommeil et paralyse notre esprit.

La pénitence est vivifiante et fertile; la fausse pénitence - complexe ou scrupule - est stérile, destructive et nous enchaîne.

Où réside la différence ? La pénitence se place en face de Dieu, les complexes en face de notre personne. Le pénitent prie : «Seigneur aie pitié de moi !», le complexé gémit : «Comment ai-je pu faire ceci u cela !». La pénitence, c’est l’amour de Dieu, la culpabilité, c’est l’amour-propre. Le pénitent s’élance vers Dieu miséricordieux et plein de bonté, il aspire au pardon et non à la justification. La pénitence s’alimente de l’amour divin blessé. L’homme qui se sent coupable se souvient de Dieu, mais comme d’un Dieu qui pardonne difficilement; inquiet, il refuse le pardon gratuit parce qu’incapable en son inconscient de se pardonner lui-même.

Comment reconnaît-on que l’amour-propre détrône l’amour de Dieu ? Par le désir de plaire, par  une  sensibilité aiguë de l’opinion des autres, par la souffrance intérieure devant la critique, par une exigence de justice vis-à-vis de sa personne, par la sensation d’être incompris ou mal jugé, par l’exagération de ses propres fautes, par  la mémoire de ses vertus et des services rendus, par la crainte d’exprimer ses vrais sentiments, par le complexe d’infériorité qui peut se transformer en agressivité, par le désir de possession, de jouissance et d’honneur.

L’amour de Dieu naît lorsque  l’homme est indifférent à l’amour ou à la haine, à l’admiration ou la critique portée à sa personne. L’opinion des autres sur lui ne détermine pas sa  sensibilité : «J’ai péché contre Toi seul !». Il accepte joyeusement les injustices envers lui, mais s’indignera des injustices envers les autres. Il est sobre et mesuré quant à ses fautes et ses qualités. L’agressivité et la timidité sont étrangères à son  âme. La possession, la jouissance et les honneurs ne le touchent pas outre mesure, ni ne l’obsèdent. 

Afin de passer de l’amour-propre à l’amour de Dieu, du complexe de culpabilité à la pénitence, scrutons notre âme et demandons au Sauveur le pardon de tout ce qui nourrit l’idolâtrie de notre moi. Posons-nous, par exemple, cette question : «Quand je souffre d’incompréhension, d’affronts, de calomnies, suis-je réellement chrétien ?». Car cette «souffrance» est un sacrifice à mon idole, et non une oblation à Dieu. Cet état d’âme est un péché; sans tarder, implorons le pardon divin et reconnaissons notre faiblesse  devant nos frères.

La pénitence peut être personnelle ou collective. L'amour-propre peut aussi bien s'installer dans un groupe que dans un âme.

D'une part, un seul membre peut, avec une sensibilité maladive, complexer la collectivité («on me traite mal, il n’y a pas de rapport entre la beauté de la doctrine et les agissements de la communauté ! Où est la charité chrétienne ?); il devient irrécupérable, si lui-même ne combat pas son propre moi. D’autre part, la collectivité peut se croire lésée par le monde extérieur, rechercher un succès facile, l’appréciation, au lieu de poursuivre l’amour et le pardon de Dieu.

Je vous en prie, mes fils, que chacun offre sa pénitence et que tous ensemble, nous fassions de même.

AVANT-PROPOS

Le cœur liturgique d'un chrétien est tendu, chaque année, vers la célébration de la Pâque du Seigneur. Durant la Sainte Semaine, chacun renonce à sa biographie d'individu pour s'identifier avec l'Homme parfait. On meurt et on ressuscite avec Lui.

Ces Sept jours durant lesquels on peut vivre ainsi le destin unique de l'Humanité, avec le Fils de l'Homme, sont préparés par le Carême. Comme le peuple des Hébreux au désert pendant quarante années avant le passage du Jourdain, comme le Christ lui-même au désert pendant quarante jours avant de passer à sa prédication publique, de même le chrétien se donne quarante jours pour inaugurer sa pâque liturgique annuelle et pour en devenir capable.

L'esprit et la vérité de cette quarantaine sont présentés par l'évêque Jean dans ce livre. Celui qui se nourrira de ces textes liturgiques, homélitiques et exégétiques comprendra la détermination de l'univers et la volonté de Dieu. Et celui-là verra se préciser quelques réponses exactes à la question : "pourquoi vivre et pourquoi mourir ?"

 

                            GERMAIN évêque de Saint-Denis

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