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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 23:01
Demandé par vous : la vie de Saint Hervé.
Demandé par vous : la vie de Saint Hervé.

17 juin

Saint Hervé


Biographie

Hyvarnion, barde renommé de l'île de Bretagne, est convié à la cour de Childebert[1], mais, pieux et chaste, la vie de cour ne lui convient pas. Résolu à se consacrer totalement à Dieu, il retourne chez lui en passant par l'Armorique. Là, il rêve d'un futur mariage. Décidé de se consacrer à Dieu il ne sait que penser quand un ange vient lui dire : « Elle s'appelle Rivanone ; tu la rencontreras demain et tu la prendras comme épouse ; de votre union naîtra un grand serviteur de Dieu. » Il la rencontre et l’épouse. Ni l'un ni l'autre ne voulant d’une vie commune, le lendemain des noces Rivanone dit à Hyvarnion : « Si j'ai un fils je demande au Dieu tout puissant qu'il ne voie jamais la fausse et trompeuse lumière de ce monde », et avant de la quitter pour toujours, il lui répond : « Oui ! Mais qu'il ait au moins la vision des splendeurs célestes. » L'enfant naît aveugle. Quand Hervé atteint l'âge de sept ans, alors qu’il connaît par cœur tous les psaumes et les sept hymnes de l’Eglise les plus employées de son temps, Rivanone le confie à un saint moine. Saint Hervé ne retrouve sa mère que des années plus tard et c'est pour l'assister dans ses derniers instants. S'il est aveugle, comme le désirait Rivanone, Hervé est aussi barde comme Hyvarnion qui avait demandé que son fils ne cesse d'avoir la vision des splendeurs célestes. C'est ainsi qu'il compose le magnifique cantique du Paradis.

Son éducation terminée, Hervé part vivre en ermite mais il est vite rejoint par des disciples. Guidé par son disciple Guiharan et escorté d’un loup qu’il avait apprivoisé[2], Hervé, chantant la beauté du Paradis, conduit sa communauté qui, sillonnant la Bretagne, suit le soleil, pour finir par s’installer à Plouider qui deviendra Lanhouarneau (l’ermitage d’Hervé).

Toute sa vie, il refuse obstinément de recevoir le sacerdoce, acceptant seulement d’être ordonné exorciste. Bien qu’il fût aveugle, Hervé avait été lui-même l'architecte de sa petite église qu’il ne voulut jamais quitter. Il s’y trouvait enfermé, trois jours avant sa mort, lorsque ses yeux s'ouvrirent tout à coup, et il se mit à chanter un dernier cantique : « Je vois le Ciel ouvert, le Ciel ma patrie. Je veux m'y envoler. Je vois mon père et ma mère dans la gloire et la beauté ; je vois mes frères, les hommes de mon pays. Des chœurs d'Anges, portés sur leurs ailes, volent autour de leurs têtes, comme autant d'abeilles dans un champ de fleurs. » Le troisième jour après cette vision, il appela sa nièce Christine qui se trouvait alors auprès de lui ; c'était une orpheline élevée par sa mère : « Prépare-moi une pierre pour oreiller et de la cendre pour couchette ; quand l'ange noir viendra me chercher, qu'il me trouve couché sur la cendre. »

Christine, tout en lui obéissant, lui dit : « Mon oncle, si vous m'aimez, demandez à Dieu que je vous suive sans tarder, comrne la barque suit le courant. » Elle fut exaucée : au moment où Hervé expirait, la petite Christine, se jetant à ses pieds, y mourut aussi. Lorsqu'il meurt entouré de ses nombreux moines, tous peuvent entendre les chœurs célestes entonner un hymne que leur saint père chantait depuis toujours[3].

Inhumé à Lanhouarneau (Finistère), son tombeau est vénéré par de grands concours de peuples. Ses reliques, par crainte des Normands, sont recueillies dans la chapelle du château de Brest (878) ; mise dans une châsse d’argent, elles sont données par le duc Geoffroy[4] à l’évêque de Nantes (1002) ; elles disparaissent de la cathédrale de Nantes pendant la révolution française.

 


[1] Childebert I° (495-558) était un des fils de Clovis et de sainte Clotilde. A la mort de Clovis (511), il eut Paris, les pays jusqu'à la Somme, les côtes de la Manche jusqu'à la Bretagne, Nantes et Angers. Il portait le tire de roi de Paris.

[2] La légende rapporte que ce loup avait dévoré l’âne avec lequel Hervé labourait, mais sur l’injonction du saint, le loup vint prendre la place de l’âne et acheva le travail.

[3] On date souvent sa mort en 568.

[4] Geoffroy I° : fils du comte Conan I° de Rennes, il prit le premier le titre de duc de Bretagne, lorsqu’il succéda à son père (992). Il força Judicaël-Béranger, comte de Nantes, à reconnaître son titre de duc de Bretagne ; il secourut son neveu Richazrd II, duc de Normandie, contre un vassal rebelle. Il mourut en 1008, au retour d’un pèlerinage à Rome, frappé d’une pierre que lui lança une femme dont une poule avait été enlevée par un oiseau de proie du duc.

 


Conseils aux enfants

« Approchez, mes petits enfants ; venez entendre une chanson nouvelle que j'ai composée exprès pour vous ; mettez votre peine afin de la retenir entièrement.

Quand vous vous éveillez dans votre lit, offrez votre cœur au bon Dieu, faites le signe de la Croix, et dites avec foi, espérance et amour ;

Dites : Mon Dieu, je vous donne mon cœur, mon corps et mon âme ; faites que je sois un honnête homme, ou que je meure avant le temps.

Quand vous voyez voler un corbeau, pensez que le démon est aussi noir, aussi méchant ; quand vous voyez une petite colombe blanche voler, pensez que votre Ange est aussi doux et aussi blanc. »

 


Les autres St Hervé

Les gens qui portent le prénom d’Hervé et qui, saisis par l’esprit contemporain, seraient mal contents de ce saint qui, selon eux, confinerait par trop à la légende, pourront chercher la protection d’une autre saint Hervé.

Ils peuvent invoquer le suffrage de saint Hervé de Chalonnes, fêté le 18 juillet, qui naquit en Grande-Bretagne et entra de bonne heure au monastère de Vendôme ; il fut ensuite un disciple de saint Robert d’Arbrissel puis se fit ermite à Chalonnes (Maine-et-Loire) où il mourut en 1119 ; on écrivit sur sa tombe : « Ici repose Hervé, le conseil du peuple, la voix de l’opprimé, la langue des assemblées publiques. »

Ils peuvent aussi se recommander au bienheureux Hervé, né en Touraine vers 944 et mort en 1021, fêté le 16 avril. Fils de Sulpice de Busançais, il reçut une éducation brillante, mais par-tit secrètement dans un monastère. les religieux, redoutant quelque violence de la part de sa famille, refusèrent de l'admettre définitivement, avant de connaître la volonté de son père. Bien leur en prit car lorsque son père apprit sa démarche, il entra dans une grande fureur et accourut au monastère dont il arracha son fils avec violence. Il le conduisit à la cour du roi Robert, suppliant le monarque de le détourner de son dessein, mais le Roi nomma Hervé trésorier du chapitre de Saint-Martin de Tours, en promettant de l'élever plus tard à l'épiscopat ce qu’Hervé refusa toujours. En 941, un violent incendie détruisit « tout le bourg de Saint-Martin et son propre monastère, avec vingt-deux autres églises, depuis celle de Saint-Hilaire jusqu'au fautourg de Notre-Dame-la-Pauvre, au couchant et du côté du midi, depuis la porte Pétrusienne jusqu'à la Loire. » Hervé entreprit de reconstruire, à ses frais, la grande basilique du Thaumaturge. Le corps de saint Martin fut transporté dans la collégiale de Saint-Venant où il resta pendant les vingt années de la reconstruction. Quand la basilique fut achevée, l'archevêque de Tours, entouré d'un grand nombre d'évêques, en fit la dédicace solennelle (4 juillet 1014). Quelques jours avant la translation du corps de saint Martin, Hervé pria le Seigneur d'illustrer cette fête par quelque miracle, comme il avait fait à l'époque de la première translation. Saint Martin lui apparut et lui dit : « Très-cher fils, ce que tu demandes à Dieu, tu peux l'obtenir et même plus encore ; mais les miracles du passé suffisent pour le temps présent. C'est maintenant le moment de la moisson, il faut demander à Dieu le salut des âmes. Pour moi, je ne cesse d'implorer sa miséricorde pour elle, et je n'oublis point, tu n'en peux douter, ceux qui desservent mon Eglise. Plusieurs sont trop attachés aux choses de ce monde et mes prières ont obtenu, avec peine, le salut de quelques-uns. Pour toi, mon cher fils, achève avec joie l'œuvre si agréable à Dieu que tu as entreprise. » Pendant la reconstruction de Saint-Martin, une autre pensée préoccupait Hervé. Le monastère de l'Ecrignole, fondé en 565 par Ingeltrude, fille de Clotaire I°, avait été atteint par l'incendie, et il n'en restait plus qu'une faible partie. Il résolut de le transférer à Notre-Dame de Beaumont où il y avait une ancienne église, objet de nombreux pèlerinages. Quand le monastère fut achevé, Hervé conduisit processionnellement les religieuses en prendre possession. Le monastère bénédictin de Preuilly fut aussi l'objet de sa sollicitude ; il y envoya des religieux et mit à leur tête le saint abbé Amblard, qu'il tira de l'abbaye de Meillezais. Voulant s'unir plus intimement à Dieu, il se retira, l’âge de soixante-sept ans, dans une île située près de la ville, où avec quelques religieux, il se livra aux jeûnes et à la prière. Il y fit élever une chapelle qu'il dédia au martyr saint Cosme. Les chanoines de Saint-Martin le prièrent avec instance de revenir. Hervé résista longtemps, mais, vaincu par leurs pressantes sollicitations, il quitta sa chère solitude et revint à Saint-Martin. Il se choisit une petite cellule, avec la chapelle de Saint-Basile, voisine de l'Ecrignole, et là il employait tout son temps à chanter les louanges de Dieu, à lire les saints livres et à prier. Il menait depuis quatre ans cette vie d'ermite, lorsque Dieu lui révéla que l'heure de sa mort approchait. A mesure que l'heure de sa mort approchait, il redoublait de ferveur, il élevait les mains et les yeux vers le ciel, en disant : « Seigneur, ayez pitié de moi ! Seigneur ayez pitié de moi ! » Il mourut en proférant ces dernières paroles. Il fut enseveli dans l'église de Saint-Martin, vis-à-vis de la chapelle du Crucifix-Vert. Sa tombe fut profanée par les protestants, et il ne reste presque plus rien de ses reliques.

S’ils ne partagent pas trop les idées de la décomposition contemporaine, ils peuvent encore compter sur deux martyrs de la révolution française : l’abbé Jean-Mathurin Hervé, prêtre de Saint-Brieuc, qui mourut d’épuisement sur les Deux-Associés, au large de Rochefort, le 26 août 1794 ; l’abbé Pierre Hervé, prêtre de Saint-Malo et curé de Sainte-Maure, qui mourut d’épuisement sur les Deux-Associés, au large de Rochefort, le 25 août 1794 .

 

 

 

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